Consommation : Le changement d’heure, hier et demain

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Confusion, on hésite toujours, on sourit… En plus ou en moins ? Je retarde ou j’avance ? Nous restons patauds devant le simple, méfions-nous de notre arrogance. Décision en 1976 de décaler les heures de fonctionnement de la société pour « l’adapter » au jour. Des polémiques s’installent à propos de notre horloge interne alors que nous déphasons nos vies de 2h chaque week-end…Oui, nous sommes très… humains. Obéir encore au soleil car l’énergie nous en a éloigné. Nous reprenons ainsi des changements d’heure déjà connus en 1917 et 1940. Ces crises s’appelaient guerre, l’énergie encore et toujours dimensionnait les actions. Il fallait économiser le charbon. Depuis le temps des cavernes nous ménageons aussi le bois, cette corvée.

L’arrivée du train impose de synchroniser les heures des villes entre elles. La convention du clocher ne suffisait plus, l’horloge de la gare deviendra référence au début du xixème siècle. L’Amérique du Nord avec ses 2 pays-continents organisera les fuseaux horaires et nous abandonnerons le méridien de Paris. On dira Greenwich pour ne pas dire Londres. Fin du xixème siècle tout se finalise mais la précision progressera toujours. La rotation de la terre se ralentit, cette imprécision nous envoie vers les références absolues de la nature, le battement des atomes définira donc le temps.

Economiser l’éclairage dès 1976, conséquence du pétrole menaçant de son prix et déjà de ses limites de production. Personne n’a décidé de ce décalage des réalités, nos habitudes nous éloignent des heures du soleil. Quelle leçon ! L’anti-gaspi de l’époque n’a pas empêché une explosion de notre consommation énergétique, passant de 180 à 250 Gtep. Quand on vous parle de réduction toujours regarder les chiffres pour mieux voir. Votre calculatrice personnelle doit remplacer les confortables lunettes vertes de l’intention.

Le changement d’heure économise par 2 leviers, une réduction de la consommation globale mais aussi un léger lissage du pic de conso du soir, parfait pour limiter le CO2 des centrales thermiques. L’éclairage public pèse son poids dans l’affaire, on nous a volé la nuit sans mesurer l’impact sur nos vies de la disparition des étoiles. La part de l’éclairage représente 10% de la consommation électrique globale en France, la plus grande part consommée…le jour !!

Il faudrait donc selon certains conserver la même heure à l’année. Mais attention ! Le risque se lit dans les arguments de ceux qui voudraient rester à l’heure d’été soit +2h par rapport au méridien. Nous décaler donc encore plus de la réalité de la nature fondamentale : la rotation et l’inclinaison de la terre. Nous voulons nous imposer au système. La discussion devrait être de revenir à l’heure méridienne vraie nous recollant au soleil, reprendre une bonne convention. L’Europe ne décide pas de l’heure à conserver car elle ne peut trancher +1 ou à +2h du méridien pour un impact absolument mineur dans nos vies. Comment imaginer une transition énergétique qui va bouleverser magistralement toute la société ? On voit là l’impossibilité du consensus pour un détail. Nous voulons vraiment assumer notre décalage avec la nature, il ne s’agit plus d’une adaptation pour notre confort mais bel et bien d’un rejet des réalités physiques.

La pression énergétique va tout changer. Quand on doit abandonner la part fossile, 60 % de notre énergie globale en France, il vaudrait mieux se demander ce qu’on doit conserver plutôt que de trousser le nez sur des changements anecdotiques.

Certes on peut oublier que le soleil éclaire quand on a une ampoule, mais regardons l’avenir connu.  Comment faire quand il pleuvra moins et plus brutalement ? Comment faire quand les arbres mourront sous les 50°C fréquents annoncés ? Quand notre pays à forte production agricole verra ses rendements chuter ? (GIEC). Quand nous aurons à financer le réaménagement de tout le littoral et tant d’autres impacts dans le temps même ou nous n’aurons plus d’énergie simple, pas chère et un ciment hyper émetteur ?

La nature imposera ses règles qu’on le veuille ou non, qu’on anticipe ou non. Dans ce contexte la prudence commande. Les jeunes générations préfèrent le virtuel au réel, mais ceux-là auront vraiment ce drame environnemental et sociétal à gérer, des vies plus dures et un avenir en question. Alors comment comprendre notre hésitation actuelle devant un simple réglage d’heure ? Comment accepter cet éloignement croissant de notre matrice ? L’éclairage urbain a déjà effacé les étoiles aux yeux des enfants, notre lâcheté de repus énergétiques peut-elle continuer ?

Je retarde ou j’avance d’un siècle ?               

Homo CO2

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