Energie : Du froid sur les minois gaulois

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Après le soleil et les chaleurs voici le froid nécessaire, faut-il le craindre ? La digestion apporte l’énergie au vivant pour croître, bouger et se reproduire plus ou moins ardemment. L’évolution a apporté une option à ces premières fonctions, le maintien à température constante de certains vivants. Mammifères et oiseaux ont conservé précieusement cet avantage. Malgré un formidable besoin d’énergie, le bénéfice d’une température constante surpasse de très loin l’inconvénient de la dépense. Chauffer des corps largement au-delà des températures moyennes du globe se révèle un succès. Nous avons hérité de ce « chauffage central » qui dévie l’énergie de la digestion.

Nous vivons très confortablement avec une température de 15 à 20°C. Il s’agit pourtant d’un écart de température de 20°C avec notre température corporelle. Imaginons 20°C de plus que notre corps : à 57°C c’est une cuisson, rien ne survit. Nous sommes donc bâtis pour des températures très inférieures à notre corps et nous le savons bien. Dès 35°C nous faiblissons, fatiguons, incapables de nous refroidir. L’homme jouit pourtant d’une spécificité parmi les mammifères, lui seul transpire et a perdu son isolant. Cette faculté de climatisation sur tout le corps lui apporte une endurance folle bien au-delà de tous les autres mammifères qui doivent haleter pour se refroidir, nous sommes privilégiés. Notre corps bâti pour bouger sans relâche affronte maintenant une sédentarité totalement incompatible avec notre histoire évolutive.

En hiver nous voulons maintenir 20°C à l’intérieur pour compenser notre absence de mouvement, oubliant que 16°C nous convient aussi bien voire mieux. Alors craindre le froid ? Du très grand froid oui bien sûr, mais à partir de 16°C tout va bien, très bien même ! Quoi de mieux que des vêtements (isolation par l’extérieur) et notre métabolisme (chauffage central) ? Nous affrontons en réalité des habitudes qui coûtent cher en soutenabilité. Vouloir 20°C en permanence équivaut à vouloir gommer totalement l’effet des saisons, chauffer revient à enlever à notre corps sa fonction du maintien à température, se sortir totalement des lois du vivant. D’ailleurs si vous avez froid à 16°C il ne faut pas ajouter des vêtements, mais ajouter du muscle et du mouvement infiniment plus efficaces en santé. On peut avancer que la guerre tue, le chaud tue, mais pas le froid. Alors entre un réchauffement climatique mortel à cycle long et des conflits mortels à cycle court, le froid devient une voie rassurante, pleine de vie et d’espoir. Le chauffage pose la question de notre rapport à la planète et à notre joli corps.  Nous devons traduire cette réalité dans nos logements en trouvant la bonne température de santé et de vie en perdant les mauvaises habitudes. La réduction du chauffage ne doit pas être une vision punitive mais un équilibre par rapport à notre construction profonde et à notre matrice la planète. Le chauffage excessif caricature notre dédain envers la nature et ses lois.

Imposer une température serait intrusif ? Nous aurions des assermentés armés de thermomètre venir mesurer notre citoyenneté au salon. Pourtant il le faudrait. Réguler par le prix laisse les stars en robe légère et couvre le citoyen de nombreuses couches mal lavées si l’eau manque, un avenir odorant.  Ou alors la prise de conscience collective, la pression sociale, ferait que tout le monde se limiterait à un généreux 16°C ? Si cette citoyenneté était possible nous ne verrions jamais de motos slalomer à 150 km/h entre les radars, les 100 dB++ réveillent une ville entière avec l’indifférence du hacker russe devant une informatique d’hôpital. Nous connaissons les humains, le collectif en affiche mais des actions largement égoïstes au 21ème siècle encadrées par des lois du 20ème.

Mais quelle solution ? La pression sociale ? l’homme ou la femme sympa se chauffant à 20°C dénoncé comme accapareur de disponibilité énergétique ? Insuffisant mais un très bon début, ensuite il faudra réduire la surface habitable par personne et se préparer à l’inévitable réduction forte du chauffage.

Mais il y a pire, dans une contraction énergétique vouloir conserver nourriture, eau potable, système de santé, éducatif, défense, retraites, transports, études longues, productions pour le niveau de vie, revient à ne rien perdre. Tout changer sans rien changer voilà la recette de l’échec. Il faudra perdre pourtant et vite. Le chauffage devient donc une excellente variable d’ajustement car moins indispensable que les domaines précités. Insuffisant mais commençons. Le chauffage contraint le système de production et de service quand l’énergie se compte et ce sera définitif. Retrouvons notre vraie nature de bipède mobile, notre vraie place sur la planète, pas centrale mais avec les autres vivants, les solutions deviendront évidentes pour tous.

Homo CO2

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