Energie : Hiver, les prix chauffent mais demain ?

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Le prix de l’énergie déferle avec la violence d’un train de houle affectant l’ensemble du niveau de vie. Nous pensions que les augmentations graduelles laisseraient le temps d’adaptation. Mais nous allons vivre des perturbations inconnues avec des surprises en chemin.

Depuis 30 ans, on nous promet une énergie chère mais rien ne venait, la part énergie directe dans les dépenses (9%) stagne voire régresse. Nous rejetons les taxes sur les émissions, mais cela ne change rien aux ressources en baisse, problème qualifié de crise en 1973. Comment supprimer les 67% d’énergie primaire fossile en France sans contraction globale ? Aucun scénario ne le dit. Nos arbitrages surface habitable/ qualité de l’isolation vont toujours en faveur des surfaces par habitant qui augmentent encore, nous semons nos futures impossibilités. Que voyons-nous à l’échelle de la vie d’un logement dans 100 ans, d’une chaudière dans 25 ans ? Une énergie si chère et sous contrainte que le chauffage du passé aura vécu. En fait il ne faudra plus chauffer du tout hors froid intense. L’isolation prend donc une autre importance en devenant la source principale du confort.

Promettre qu’on aura de l’électricité photovoltaïque à gogo en été (fantasme répandu mais seulement 0,5% en 2019) ne règle pas les pics de consommations électriques hivernaux de 7h et 19h toujours nocturnes. Le stockage massif d’électricité en inter-saisonnalité reste chimérique, et si nous l’avions, le coût serait tel (hydrogène) qu’on ne chauffera pas avec. Dans le monde de 2050, même le chauffage bois sera impossible de façon massive (4% de l’énergie primaire, 10 fois le solaire). Le bois deviendra l’outil de réparation du climat dans les centrales thermiques électriques par injection du CO2 dans le sous-sol et le premier matériau de construction, le seul renouvelable. La multiplication à volonté du nucléaire se heurtera au refus du risque mais aussi à la disponibilité des sites.

Entre les émissions à réduire et les ressources s’épuisant, la disponibilité se contracte. Le coût empêche la projection dans 20, 30, 50 ans. Un changement radical du panel énergétique suppose des réactions radicales. Alors ?

Retrouver une cohérence en premier lieu, les grandes bâtisses d’antan aux pierres froides ne se chauffaient pas, tout simplement. Notre culture concernant l’isolation souffre d’un retard incroyable, un double vitrage,10 cm d’isolant sur les murs et nous serions prêts ? Que dire d’une production d’eau chaude sanitaire dans un volume non chauffé non isolé ? La France se place 9ème sur 11 pays européens 3 fois moins isolé que l’Allemagne 1,5 fois moins que l’Italie. (Étude fabriquant 2020). C’est le résultat de notre électricité bon marché. L’isolation vient en dernier dans le niveau de vie, et voilà bien le raisonnement à inverser. Une température acceptable en hiver semble prioritaire mais nous la plaçons en fin de budget, quand la voiture est changée, la nouvelle cuisine équipée acquise, la dernière mode enfin achetée. Imaginons l’absence de chauffage, cela doit nous faire reconsidérer nos priorités. Projetons-nous dans l’inconnu en 2050 quand le pays sera neutre en émission CO2. Le chauffage des bâtis aura pratiquement disparu et il reste une durée de vie de chaudière pour s’organiser. L’agriculture et ce qui restera de la chaîne du froid, l’éducation, la santé, l’industrie et services, l’armée, les transports essentiellement collectifs ou partagés consommeront la rare énergie disponible, le numérique insatiable prendra tout le reste. Nous fermerons la parenthèse de gaspillage énergétique et il reste moins de 4 mandats présidentiels pour nous préparer, maintenant donc.

Il y a 30 ans les classements énergétiques des logements n’existaient pas, dans 30 ans le B sera comme le G d’aujourd’hui. Prenez le temps de faire le bilan carbone de votre chauffage, vous connaîtrez votre avenir. Isoler fortement maintenant garantit des économies, une réduction des émissions et donc une solidarité envers le monde. Concernant l’électricité, le contenu CO2 du kWh doit se lire par saison et non en moyenne annuelle. C’est en hiver que nos centrales thermiques gaz et fioul (voire charbon) tournent à plein régime. Le photovoltaïque ne produira jamais à ces moments dans nos latitudes nord. Si la moyenne est de 40gr CO2/kWh, le CO2 émis des 4 mois d’hiver culmine à 200 gr/kWh pour le chauffage. De plus le kWh électrique non consommé en hiver s’impute sur la production marginale uniquement fossile, ainsi il représente de 400 à 700 gr de CO2, plus de 10 fois l’émission CO2 moyenne.

Notre rapport à l’énergie va changer définitivement et il faudra bien arrêter de chauffer le ciel. Comprenons ce que veut dire une division par 10 des émissions de CO2, regardons devant nous et rejetons les mauvaises habitudes. Après 2050, il faudra réparer le climat, une contrainte majeure de plus. Nous nous engageons dans la transformation complète de la société, avançons lucides dans le XXIème siècle et visons les logements dits « passifs » qui seuls préparent l’avenir.

Homo CO2

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