Environnement : Eau et lumière, de l’équinoxe de printemps au solstice d’été

Partager sur facebook
Partager sur facebook

L’exubérance verte domine les terres gorgées d’eau et inondées de lumière. Le soleil revient toujours, mais la pluie hésite. Le changement climatique nous enlèvera 30% d’eau dans le sud de la France. Le chaud et le sec se conjuguant en une perte énorme de l’hygrométrie des sols réduiront fortement la production alimentaire. Soyons concrets, pour limiter l’assèchement, évitons l’émission des gaz à effet de serre. Mais avec 414 ppm de CO2 le climat erratique des 20 prochaines années se trouve écrit, quelle sera la suite ?  Une certitude : ceux qui ont déjà beaucoup d’eau en auront trop, ceux qui en manquent en auront moins.

Des pluies rares mais brutales avec beaucoup d’eau « inutile », érodant les sols et manquante pour les périodes sèches. Nos glaciers grands maîtres de l’inertie hydrique disparaissent, avec eux la fonte d’été et la retenue d’hiver. Que dire des glaciers himalayens qui par le même jeu assécheront les plaines nourricières asiatiques, on parle là de millions d’affamés, futurs réfugiés. J’imagine parfois la goutte d’eau douce et légère de la Garonne s’écoulant en surface de l’océan, s’évaporant et revenant vite poussée par un front chaud arroser notre sud-ouest. Cycle court ou long, la pluie tombe douce ou forte et la vie revient.

Moi citoyen sans grand moyen, sans profonde connaissance de ces phénomènes que puis-je faire dans cet énorme système ? Mais tout !  Peu de propriétaires sur le bassin versant du ruisselet, chacun compte dans cette gestion. Nous avons la main sur cette résilience dans nos pratiques quotidiennes. Il s’agit de ralentir l’écoulement. Les bâtis, allées cimentées et goudronnées empêchent l’imprégnation lente, tout en augmentant les températures d’été. Les grandes esplanades étanches détruisent l’inertie, un vrai crime puisqu’on parle de l’élément vital. Ce crime devient pervers quand la feuille morte gêne, le brin d’herbe dérange et que la mousse vous hérisse. Pas d’herbes folles. Mais qui est fou ?

Apprécier la chaleur sèche du sud sur une pelouse britannique fantasmée ?

Une herbe haute encadrée de végétation locale étagée aura la résilience pour ralentir l’assèchement de quelques semaines, une action majeure d’infiltration pour attendre la prochaine pluie. Tout terrain, même petit doit participer à cette gestion globale de l’eau, une responsabilité acquise avec l’achat de ce bout de bassin versant.      

Assumons et choisissons les végétations étagées sans pelouse, les arbres grands, moyens, buissons, des herbes hautes fleuries de quoi tout couvrir, laisser l’eau suivre les racines et les feuilles tenter le frais avec moins d’entretien, vive le jardin libre et naturel.

La Garonne charrie les labours du bassin versant. Le fleuve boueux dénonce, on voit les champs passer. Point besoin d’université pour concevoir que les éléments les plus fins et riches partent en premier, que la valeur d’un champ se mesure en volume fertile pas en surface. Soyez certains que la Garonne coulera claire car nous aurons changé les pratiques ou les sols lessivés auront fini de perdre la terre, déjà 30% de partie. Revenir à la vraie proposition patrimoniale, donner plus que l’on a reçu en vie possible : Raisonnable ou excessif ?   Cela ne fait que 60 ans de labours profonds, de pelouses incongrues et de surfaces étanches. Du lotissement aux agriculteurs en passant par les espaces municipaux, nous devons ralentir l’écoulement des eaux. La pelouse sous la longue chaleur sèche jaunira, la vie du sol s’étiolera et votre désert espérera un arrosage désormais interdit tous les étés. La pluie ruissellera sur ce sol dur. On anticipe ?

Le jardinier de Versailles décide de ne plus tondre les pelouses du Petit Trianon pour laisser la vie revenir et redonner l’aspect naturel voulu par Marie-Antoinette.  Avons-nous plus emblématique que Versailles ?  Changer le regard et agencer la nature locale pour un beau décor sans aucun plastique ni béton. Si nous voulons une prairie, soignons des moutons ! Euros et sueur ne suffiront pas à gagner contre un climax évoluant vite. Quittez vos habits de dictateur du végétal, devenez gestionnaire averti, apaisez-vous en redonnant l’équilibre au jardin. Les abeilles affamées et les oiseaux rares ne méritent pas le gazon autour du carrosse de tôles et du château de parpaings. En flânant au jardin posez-vous la question de votre pratique envers l’eau, vous trouverez des améliorations faciles, soyez les pionniers du nouveau regard. Vive la vraie beauté naturelle !

Homo  CO2

Nous et nos partenaires stockons et accédons à des informations non sensibles sur votre appareil, comme des cookies ou l'identifiant unique de votre appareil, et traitons vos données à caractère personnel comme votre adresse IP ou un identifiant cookie, pour des traitements de données comme l'affichage de publicités personnalisées, la mesure des préférences de nos visiteurs, etc.

Certains partenaires ne demandent pas votre consentement pour traiter vos données et s'appuient sur leur intérêt commercial légitime.

Avec nos partenaires, nous traitons les données suivantes en nous basant sur votre consentement et/ou vos intérêts légitimes: Publicités et contenu personnalisés, mesure de performance des publicités et du contenu, données d’audience et développement de produit, données de géolocalisation précises et identification par analyse du terminal"

 

Vous pouvez déposer votre article ici