Fleurs : Orchidée sauvage, Renouvelable ou futur fossile ?

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On découvre au printemps les merveilleuses orchidées sauvages en France et dans le Sud-Ouest. Si belles et parfois si rares, elles émeuvent toujours. On les découvre un peu partout au gré des randonnées et promenades, loin ou parfois sur la pelouse. Le pied se reconnaît facilement même sans la fleur.

Pas évident de nommer les végétaux. On se sent béotien d’écraser sous son pas des merveilles inconnues. Mais il y a pire, intervenir sans se poser de questions, sans même tenter des identifications. Jadis il nous fallait tous les livres, maintenant avec toute la connaissance du monde logée dans sa poche, nous n’avons plus d’excuses. L’orchidée (Orchis) réserve une petite surprise étymologique !

 On voit des pillards couper ces beautés pour en priver les autres, une photo suffit pourtant. Nous souffrons quand il faut laisser la nature pour elle-même. Une orchidée parachutée sur une pelouse nous alerte. La vie veut revenir, il ne tient qu’à nous de ne rien faire. Que de beauté dans ces fleurs, quelle variété ! Preuve éclatante de la coévolution insecte/fleur quand elles prennent la forme de l’abeille (Orchidée abeille).

Interdiction de prélèvement mais nos agents municipaux ne sont guère botanistes, les gardes champêtres sont devenus policiers dans la ville, pas de plaque d’immatriculation sur les fleurs.

Malgré cette beauté certain(e)s prélèvent le pied car il faut s’approprier.  Soyons francs s’ils voulaient en semer et en cultiver, ils le feraient, non ? D’ailleurs ils les mettront sur la pelouse pour mieux les tondre.

Alors oui on peut récolter les graines des orchidées sauvages mais attention la germination sera compliquée ! La minuscule taille des graines les prive d’une réserve d’énergie, il faudra de l’aide extérieure. Quand on comprend mal un phénomène, les échanges d’énergie permettent toujours d’y voir plus clair, cela vaut pour les végétaux, les animaux, l’homme, mais aussi pour notre niveau de vie.

Il faut donc des bactéries et champignons spécifiques pour que cela fonctionne, on comprend mieux que malgré une quantité extraordinaire de graines, la plante reste rare. Mais au moindre produit même bio : Adieu veau, vache, cochon, couvée… Bactéries et champignons sensibles n’y résistent jamais, on bouleverse l’équilibre du milieu. Après la germination c’est pire, la symbiose avec les champignons continue jusqu’à ce qu’enfin les feuilles apparaissent, ce sera alors au tour de l’orchidée de les nourrir de sucres. Même adulte la plante requiert ces microscopiques compagnons. Cultiver les orchidées sauvages demande donc une grande délicatesse et une cervelle verte.

Ainsi la rareté de ces plantes s’explique, il faut beaucoup de conditions et encore plus de tranquillité. Mais si elles existent depuis 200 millions d’années, certaines orchidées sauvages en France sont en grand danger d’extinction. Deux secondes pour couper un fil de millions d’années d’évolution en les renvoyant au catalogue fossile, voici de quoi nous questionner. Certains hésitent de les couper en tondant la pelouse mais sans jamais se remettre en cause, pourtant la tonte différentiée répond à tous les besoins. Au moindre désherbant, anti mousse, engrais, hop ! fini la magie ! Retour aux écrans pour admirer la nature en virtuel.

Espoir ! La recherche avance, des orchidées génétiquement modifiées pourront bientôt pousser directement sur le goudron et résister aux pneus des SUV. Rien n’est donc perdu et la technologie nous sauvera (sic).  En êtes-vous certain(e)s ?

Nous pouvons aussi regarder autrement la nature et tenter de comprendre, nous avons ce choix.

Homo CO2

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