La Magistère : Toto le marinier et le Bacchus dernier pinardier ayant navigué sur le canal

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Le 24 Juin 1926, un jeune homme, marinier connu sous le sobriquet de “Toto”, épousait Henriette, une jeune Magistérienne vivant au lieu-dit “Michelou”. En 1916, Toto, fils de “barquier”, avait débuté sa vie professionnelle à 14 ans sur le Canal des Deux Mers en tant que palefrenier guidant à pied sur le chemin de halage les chevaux qui halaient les bateaux sans moteur entre Castets en Dorthe et Sète ou Port la Nouvelle.

Par leurs personnalités respectives ils eurent immédiatement un important réseau de relations avec leurs collègues bateliers du canal… Le sobriquet de Toto reflétant la bonne humeur et l’esprit taquin du personnage ! “Michelou” étant située à quelques dizaines de mètres du canal, à proximité du pont enjambant la Barguelonne, cette ferme devint rapidement un lieu de convergence et de rencontres entre bateliers. De fortes amitiés entre ces “familles de sans domicile fixe” et des habitants du canton se construisirent et durèrent des décennies… ce jusqu’aux décès des plus âgés en 2020…

Ces amitiés du Canal des deux Mers eurent à supporter le grave accident survenu à Henriette, qui, en avril 1957 lors d’une manœuvre de la péniche “Georges-Robert” au niveau d’un pont, eut sa jambe droite sectionnée. Seul un miracle la maintint en vie… Toto dut “se débarquer” et trouver un emploi de terrassier à la pose des adductions d’eau potable “à terre”.

Mais ce malheur entraina une rare solidarité de la part de son “patron”, armateur demeurant à Tonneins (Toto demeura toute sa vie, salarié d’un même armateur fluvial). Ce dernier, saint homme, fit construire en 1959 une nouvelle péniche spécialement aménagée afin qu’Henriette puisse y vivre malgré sa jambe artificielle…

Cette péniche fut un “pinardier en fer” baptisée “Bacchus” d’une capacité de 160 000 litres… Nous le voyions souvent amarré au niveau de la passerelle routière de Golfech où Toto et Henriette avaient acheté dès la fin de la guerre un pied à terre et où ils se retirèrent en 1969.

Le Bacchus poursuivit sa route fluviale jusque dans les années 1980 en ayant eu le triste privilège de clore l’aventure du transport fluvial de vin en tant que dernier “pinardier” du Canal des deux Mers !

Si “Michelou” existe toujours… certes avec des aménagements, il n’y a hélas plus aucune péniche de transport qui circule sur ce bel ouvrage qu’est notre Canal Latéral à la Garonne devenu Canal des Deux Mers.

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