Métiers d’hier et d’aujourd’hui : Le chapeau de paille, une histoire locale

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Tout commence comme dans un conte d’Alphonse Daudet.

En ce temps-là, à Septfonds, en l’an 1776, une jeune bergère, Pétronille Cantecor, gardait ses moutons dans cette région qui regorge de soleil, dans un décor de roches rouges. Pour meubler ses longs moments de solitude, elle se mit à tresser de la paille de blé pour en faire des chapeaux, appelés « Pailloles ».

Elle se fit connaître sur les marchés de la région. On achète les tresses et, des artisans confectionnent des chapeaux ; d’abord à la main puis, en utilisant des machines à coudre à pédale. L’inventeur s’appelait Barthelemy Thimonier.La machine était née, prête à croître, à évoluer, à se transformer.

Vers 1910, la chapellerie s’industrialise. La machine à coudre à moteur, dans les ateliers. La paille de blé est délaissée au profit des tresses importées du Japon et de Chine, ces pays produisant des articles plus fins, « la paille de riz », tout en offrant une grande variété et des prix compétitifs.

Les fabricants mettent à profit cet apport extérieur et, offrent ainsi une gamme de chapeaux dont les styles plaisent à la clientèle. Et, jusqu’en 1939, la région connaît une activité constante. Plus d’un millier d’ouvriers travaillant dans 25 usines à Caussade et à Septfonds. Car, il faut signaler que ce sont les chapeaux de paille, dont le fameux canotier que portait Maurice Chevalier, qui ont rendu célèbre la chapellerie de Caussade, connue dans toute la France et ailleurs. Cette activité était surtout une activité saisonnière et n’utilisait pleinement la main-d’œuvre que neuf mois par an. Et, elle était sensible aux caprices de la mode.

Vers 1936, on commença à se passer de chapeaux : son industrie est mise en péril. Il fallut que les fabricants diversifient leur production afin, qu’elle fut moins sensible aux aléas de la conjoncture. L’un d’eux décide d’adjoindre au chapeau de paille, la confection de chapeaux de feutre. Il fit appel aux producteurs de la vallée de l’Aude qui lui fournirent des cônes en feutre de laine. Un répit était de ce fait, accordé aux fabricants et, à la main-d’œuvre locale qui fut alors employée toute l’année.

La guerre de 1939 eut une première conséquence grave. Les sources d’approvisionnement en matière première furent interrompues puisque les tresses importées d’Extrême Orient ne pouvaient plus parvenir à Caussade. Pour faire face à cette situation, les industriels décidèrent un retour aux sources et, les méthodes de Pétronille furent remises à l’honneur. On rechercha les anciennes « tresseuses » qui acceptèrent de reprendre l’ouvrage et de former les jeunes ouvrières. Et, parallèlement à la fabrication des chapeaux de paille, celle du chapeau de laine se poursuivit également. Ainsi, pendant une période difficile, une certaine activité fut maintenue dans la région du Quercy.

En 1945, une crise grave vint menacer l’existence même de l’industrie chapelière. Les fabricants, confrontés à cette situation dangereuse, prirent conscience qu’il fallait s’adapter et évoluer en fonction des possibilités du marché et du goût du public.

Le chapeau de paille devait perdurer mais, progressivement, on s’orienta vers une forme de chapeau plus élaborée et une plus grande variété de modèles : nylon, tergal, velours, cuir, et tissus de laine vinrent enrichir la matière première. Les usines se modernisèrent grâce à une mécanisation très poussée. De nos jours, un industriel citait l’exemple caractéristique d’une machine récemment installée chez lui et qui effectuait le travail de beaucoup de main-d’œuvre.

Un musée est dédié à la chapellerie locale : L’Epopée Chapelière, Carré des chapeliers, Aux Récollets 82300 Caussade. Tél : 05 63 26 04 04.

Claude, passeur de mémoire

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