Transport : Beau vélo bio des hauts coteaux

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Les premiers tours de roue de la « petite reine » enchantent les enfants. La bicyclette serait donc une régression ? Un vélo n’avance pas sans de solides jarrets voilà tout. Passer du lève vitre ou de la porte de coffre électrique à l’effort nous chagrine. Soyons des adultes sérieux et restons presse-boutons. Dommage car avec ses grandes roues bien gonflées, le vélo mène la danse des économies d’énergie. Seulement cette énergie est la vôtre, pas celle de planctons fossilisés. L’automobiliste maudira le prix du carburant, des plaquettes de frein et pneus tout en les flambant comme au casino en freinant dur. Le vélo au contraire n’accélère pas avant un feu rouge et possède l’arme énergétique fatale : la roue libre.

Un petit moteur thermique tournant d’une voiture arrêtée, consomme autant d’énergie que 25 champions cyclistes en plein effort : un champion du tour de France peut produire 400w pendant 20 minutes.  Un moteur de 1500 cc au ralenti consomme 1 litre à l’heure, soit une puissance de 10kW. Un équivalent de 25 champions donc. Le peloton entier de 180 cyclistes en plein effort d’ascension ne représenterait donc que 7 voitures arrêtées ? Oui, absolument.

Très économe en énergie, le vélo s’oppose à la gabegie d’une voiture. Nous imaginons bien l’effort de grimper au Tourmalet (2115m) depuis Tarbes (300m). Mais cette ascension du cycliste avec sa machine (80kg) ne représente en énergie qu’un demi-verre de carburant (4 centilitres ; E=mgh. 80kg*g*1815m =1,4 MJ). Nous sommes devenus des « hors sol » énergétiques, tant le fossile nous éloigne des réalités.

Le vélo évite les émissions de CO2 s’il remplace un trajet à moto ou en voiture. Ainsi la balade dominicale n’évite rien, le vélo doit remplacer la voiture dans les déplacements au quotidien. L’argument météo ne fait qu’exposer la paresse/mollesse des jarrets. Les pays de vélos dominent au nord sous des climats toniques et hydratants mais on y pédale beaucoup au quotidien, parfois sur des voies rapides dédiées au cycle. Cinq km ne peuvent se concevoir sans voiture mais ensuite on se jette sur le vélo d’appartement pour raffermir sa silhouette. Rester mou au volant pour se durcir en salle de sport offre l’occasion de gagner du temps, intégrons le vélo au quotidien. Alors bien sûr les aménageurs de tout poil et même sans poil, auront placé ronds-points, trottoirs anguleux, enfilades de portières prêtes à s’ouvrir sur votre chemin. Vous alternerez sueurs chaudes et froides dans cette vie intense et menacée. Le cycliste reste un extraterrestre, un déviant dont l’espérance de vie côtoie celle d’un cowboy belliqueux dans un saloon du far West.

Le parfum du service des urgences envahit les agglomérations dépourvues d’équipements. Poursuivi par des pare-buffles et des calandres anti-piéton, doublé par d’énormes pneus hauts comme l’égo du conducteur(trice), asphyxié et assourdi par les vapeurs des deux temps, on doute : les 300g de casque en plastique auront-t-ils raison des 2 tonnes d’acier ? Des coûteux aménagements urbains fleurissent en plein 21ème siècle sans rien de prévu pour le vélo, pourtant l’intégrer ne coûte guère quand on refait tout. Aménageons au rétroviseur en attendant le plan national vélo, nous quémanderons à l’état et à ses saints de suppléer notre impéritie. D’ailleurs les pistes cyclables actuelles empêchent souvent les vélos cargo, les remorques vélo enfant et ceux à assistance solaire, toujours du retard. Qu’importe, les morts à vélo augmentent tous les ans par faute d’anticipation.

Adolescent, je regardais les photos de la Chine pauvre avec ses foules de cyclistes bleus sans voiture, vision de nos futurs déplacements mais en écru pour éviter les colorants destructeurs. Beaux chevaliers et chevalières des temps nouveaux, rien n’arrêtera la transition, la voiture individuelle a vécu. Elle sera électrique mais trop rare et chère car le budget disponible pour les déplacements aura fondu comme l’Arctique, on la partagera.  On reconnaîtra les habitants des coteaux à leur indice masse corporelle inférieure à 20, à pied ou à vélo, il faudra monter. Par sagesse ou sous la contrainte des ressources, villes et villages soumis aux voitures s’en libéreront, le silence vaincra enfin le vacarme des pétarades. Le vélo repousse aussi nos limites, votre calculatrice ne pourra jamais compter les émissions CO2 fossile des caravanes de courses cyclistes, il faut plus de puissance de calcul.

Le vague reflet vert de la transition vous trompe. Si vous pensez tout changer sans rien changer, modérez vos certitudes car on ne divisera pas par 5 nos émissions sans utiliser notre muscle le plus puissant : la cuisse ! De belles cuisses finement sculptées par le pédalier ou les fesses molles avachies par la voiture du 20ème siècle… Avouez votre impatience de vivre cette belle transition !

Homo CO

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