Spécial Habitat – Architecture : Maisons d’antan et pigeonniers

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Dès que le noyer et le châtaignier cèdent la place à l’envahissement des garrigues et de la lavande, dès que la terre est blanche, comme si parfois, il y avait de la neige, au soleil brûlant de l’été : c’est le Quercy. Vous serez surpris du nombre de pigeonniers aux formes diverses, dressant leurs murs sur cette terre d’Oc : gardienne de tant de traditions et, autour desquels fleurissent les légendes. Ils sont nés à l’abolition des privilèges seigneuriaux. Ce sont, en quelque sorte, les témoignages vivants de la libération des hommes, au lendemain de la Révolution française.

Ils sont encore là, ces pigeonniers très nombreux, si nombreux que chaque ferme semble avoir voulu posséder le sien. Hélas, beaucoup meurent ou s’écroulent, faute d’entretien.

Ceux du Quercy

Tantôt ce sont les pigeonniers d’un type rare, sur quatre piliers, couronnés de larges champignons de pierre dont la présence s’explique par le souci d’empêcher tout simplement les rats d’accéder au plancher où nichent les pigeons. L’architecture est élégante, les croisillons de bois constituent l’armature du petit édifice de briques ou de pierres séchées, recouvert d’un crépi protecteur en chaux naturelle ou ocrée. L’ensemble est coiffé d’un toit à quatre pentes aux tuiles plates violacées qui est envahi par une mousse dorée et, est surmonté d’un lanterneau au toit pointu.

Ceux de la plaine ou des coteaux

Tantôt ils apparaissent supportés par quatre piliers de briques rouges, reliés entre eux par des arcs en plein cintre, tantôt, ils offrent une silhouette trapue à l’extrémité de la maison qu’ils prolonge et surélève. Il en est qui sont construits en pierres blanches, dans le Quercy. Solides, ils résistent à l’épreuve du temps.            Quelquefois, près de lui, quatre cyprès très hauts, encadrent une tombe ; celle de vieux huguenots qui reposent dans la terre chrétienne qu’ils ont tant aimée.    

Ces pigeonniers sont aussi les témoins d’une époque révolue d’où montent encore, pour qui sait les entendre, des souvenirs.

Plus communs et plus nombreux sont, les pigeonniers dits « Pied de Mulet » car, si vous les imaginez renversés, le toit touchant le sol, c’est en effet, la forme d’un sabot de mulet qui apparaît. La plupart du temps ils sont construis en briques crues, c’est à dire en terre moulée et séchée.

Certains sont classés ou inscrits à l’inventaire des monuments historiques de France.

Fermes de chez nous

En Quercy : maisons du Quercy, touchant l’Agenais et le Lot, construites avec la pierre blanche, friable, arrachée au sol même des environs. Le temps a glissé sur elles. Elles ouvrent les arcs de leurs auvents et, vous obligent, lorsque le soleil darde ses rayons sur leur blancheur, à cligner des yeux. Parfois, un ou deux rangs de briques rouges soulignent un pilier, et, quelques briques rondes en génoises soutiennent l’avancée du toit.

Plus à l’est, vers le Causse et le Rouergue, la pierre est plus sombre avec parfois, des tonalités d’ocre rouge, violacée, comme le coin de terre d’où les matériaux sont extraits.

Les toits ont accentué leur pente. Toits de nos jours, recouverts de tuiles plates, accrochées aux poutrelles, grossièrement. Taillé à angle droit, parfois même apparaît encore, pour qui sait regarder. Une couverture plus avantageuse mais, combien plus lourde, de pierres plates, des « lauzes » extraient en Quercy, dans le Tarn et Garonne, aux environs du petit village de Loze.

Souvent, la maison est flanquée d’un pigeonnier trapu, au toit à quatre pentes surmonté d’une curieuse pierre taillée en pointe, au sommet.

Une pièce commune aux grandes dimensions dont, une vaste cheminée est le principal ornement, réunit la maisonnée. A l’étage unique, sur la bergerie ou le chai. On y accède par un escalier en pierre, assez large, longeant le mur pour atteindre un abri soutenu par des poutres, s’ouvrant comme des bras étendus, pour soutenir l’avant-toit.

Si vous redescendez vers les plaines du Tarn et Garonne, le matériau change mais, toujours les ressources des bâtisseurs venaient du sol même où s’élevait la maison. Là, ce sont des murs en briques crues, de terre agglomérée puis séchées, isothermes à souhait, résistant à la pluie, à condition d’être crépies à la chaux.

Parfois, des lézardes apparaissent, contenues par des pièces de métal en forme de X, et de croix, sur les murs grisâtres.

Elles ont, ces maisons, défié le temps et, les occupants ne sont pas inquiets car, elles sont construites au pied ou à flanc d’un coteau qui les abrite des vents ou de la pluie. Toutes sont orientées avec soin, au Midi.

On entre de plain-pied dans la pièce et, il n’est pas rare de trouver encore dans un angle, le lit de l’aïeul. Les écuries, les étables sont attenantes à l’habitation. Le même toit les abrite et, seul l’auvent tout en longueur sépare la partie réservée aux bêtes de celle où la famille se retrouve pour le repas ou pour la nuit.

Il faudrait encore parler des fermes gasconnes mais, l’architecture n’est pas tellement différente de celle de la plaine de Garonne.

Ferme d’ici ou d’ailleurs, si diverses d’aspect mais, tellement sœurs, où se rassemblent ceux qui, depuis des siècles, s’y succèdent.

Elles nous restent familières et sont accueillantes aux étrangers et aux touristes. Elles voisinent les bâtisses plus confortables mais, la terre ne change pas et, lorsqu’à la Saint Martin, les métayers changent de bordes « fermes », allant de la Gascogne au Quercy ou, inversement, ils trouvent sans surprise, une nouvelle maison où les trois ou quatre générations de famille vivent dans la bonne humeur.

Claude, Passeur de mémoire

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