Spécial Habitat – Bricolage : Trucs et astuces… pour sauver le couple !

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Donner des conseils à un bricoleur voilà bien la dernière chose à faire tant ceux-ci (ou celles -ci) sont sûrs de leur fait, précis dans leur geste, enfin selon leurs critères et plus grave, convaincus de leur bon goût. Il convient de leur laisser cette ambition charmante de vouloir enjoliver leur logement. Le bricolage réunit toutes les classes sociales, l’intellectuel y trouvera la joie de se servir de ses mains, et le manuel s’épanouira dans une créativité débridée.

Un peu comme les pêcheurs le font de la taille des prises, les adeptes exagèrent la qualité des réalisations, s’illusionnent sur la solidité et précision de l’ouvrage.

Ainsi l’étagère solidement fixée et horizontale reste l’objet mythique par excellence. Nul n’en a vu et n’en verra jamais. Pourtant chaque fois l’ambitieux bricoleur sortira tous les outils vendus par une publicité rassurante.  Au fur et à mesure de la réalisation on abandonnera la solidité au privilège de l’horizontalité ou inversement, il arrive même que les deux objectifs restent hors d’atteinte.

Dimanche, après un solide déjeuner et une brève toilette voilà l’aventurier perceur, l’œil frais, les mains assouplies et le menton volontaire s’agitant dès 10 h du matin. Il sait qu’il n’a qu’une heure de labeur devant lui, l’apéro marquant la fin de l’activité, ne traînons pas.  Déjà une demi-heure consommée à regrouper l’attirail, n’hésitant pas à voler la rallonge du grille-pain. La mauvaise estime du temps nécessaire fait partie intégrante du manège, la tonnelle pour le printemps ne sera finie de poser qu’en automne, sinon ou est le charme ?

Le conjoint quant à lui (ou elle) connaît le jeu et développe sa stratégie : la fuite.  Trop hasardeux de prêter assistance et regarder ne peut qu’envenimer toute situation délicate. Donc le conjoint se trouvera une activité lointaine, voire une balade extérieure le téléphone dans une poche et l’adresse de la pharmacie de garde dans l’autre. Ce qui laissera le temps de préparer les phrases types : « oh c’est magnifique ce que tu as fait mon minou ! »

Qu’importe si le minou en question aura dévasté le mur, le sol, saupoudré la poussière jusqu’au fond du placard. Le retour en scène du conjoint sera une chorégraphie timide ponctuée par des phrases bienveillantes du moins si on veut rester conjoint. Ne jamais jouer avec une estime de soi malmenée.  Le conjoint sera donc prêt à toutes les compromissions et si l’étagère ne peut supporter le poids des bibelots prévus, on y mettra le vase offert par jolie maman, ça peut débarrasser. Le conjoint prévoyant imaginera déjà dans son plan B quel cadre léger on pourra suspendre sur l’un des trous pour cacher le plâtre explosé, en disant qu’en plus « c’est beaucoup plus beau comme ça ». Il faut sauver le dimanche après-midi.

Le niveau indispensable pour tracer l’horizontale, nettoyé et affûté, a un rôle majeur dans le projet. On l’utilise avant pour tracer, mais jamais après ! A quoi bon vérifier si on ne peut pas déplacer de 5mm un trou tordu ?

Et là on sort la machine : la perceuse. Toujours la même, zébrée des traces de bataille sans beaucoup de médailles gagnées. Mais l’optimiste oublie vite, et ce matin tout ira bien !

Après avoir largement percé, le guerrier lira la notice de pose de l’étagère, pour s’assurer de l’endroit où il s’est trompé en reportant les mesures. Vaut mieux tard que jamais mais les trous nous regardent, incrédules.

 Naturellement nous verrons que les chevilles ne valent rien, ces vis chinoises non plus, et que si je tenais l’olibrius qui mis un rail de placo, un câble électrique, un galet dur dans un mur mou, juste à mi passage du foret…Attention, plus le trou se rapproche du sol, plus la probabilité d’un tuyau d’eau augmente, car oui, les plombiers ces gens sans âme ont miné le logement de futures fuites. Donc à 12h30 dans le meilleur des cas et hors gain à la loterie du tuyau d’eau, le désastre aura pris fin, sans apéro et l’œil amer, on range les outils. A deux cette fois, car le conjoint prendra toute sa place de réconfort et d’aide, et puis y a le ménage à faire maintenant.

Lundi, le bricoleur vengeur achètera force chevilles et vis neuves, un détecteur d’obstacle, voire une perceuse garantissant les trous droits, on l’y reprendra plus ! Toute cette quincaillerie justifiera l’achat d’un présentoir de rangement de vis, elle-même nécessitant une réorganisation du coin outil, voire une expropriation complète du garage.  Comme toujours l’achat réconforte par le sentiment de maîtrise qu’il procure, tout en maintenant un PIB soutenu. La semaine suffira à faire le deuil des difficultés et le vendredi soir le trouvera gonflé d’espoir prétendre à de nouveaux exploits. 

Nous aurons là une belle occasion de nouveaux trous pour de nouveaux dimanches.

NDLR : Toute ressemblance avec « 3 hommes dans un bateau » est assumée.

Homo CO2

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