La Magistère : 1 an après l’incendie des commerces, la colère du maire, Bruno Dousson

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C’est une plaie qui ne se referme pas. Détruit le 21 avril 2021, l’ensemble commercial ne peut toujours pas entamer sa reconstruction. Le maire de La Magistère Bruno Dousson déplore la lenteur des assurances.

Pas content le maire de La Magistère, Bruno Dousson ! En cause, le spectaculaire incendie du centre commercial. Le 21 avril 2021, l’ensemble comprenant une pharmacie, un salon de coiffure, une boucherie et un salon d’esthétique prenait feu. Il était 22h30. En quelques heures, les 4 commerces en proie aux flammes étaient entièrement dévastés. Le lendemain le petit pôle commercial construit 2 ans auparavant par la commune n’offrait plus qu’un spectacle de désolation aux 1200 habitants de la commune. Plus de toit, seuls les murs de façade étaient encore debout et des montagnes de gravats.

Un an après, ce triste décor n’a pas bougé. Il n’y a toujours pas eu de travaux. Le centre commercial impose encore son squelette calciné aux passants. La pharmacie et le salon de coiffure ont trouvé refuge dans des préfabriqués modulables installés sur un terrain juste en face du lieu du sinistre, terrain que la commune a défriché et viabilisé. De son côté, l’esthéticienne a aménagé un salon provisoire dans le bourg, tandis que le boulanger est désormais à la tête d’une nouvelle boucherie à Moissac, soit à une distance de 25 km. A La Magistère, le jeune artisan maintient une tournée en camion. Côté investigation, l’affaire est classée par la gendarmerie. Les enquêteurs n’ont pas trouvé d’origine criminelle au départ du feu. “Tout le monde est à peu près d’accord que l’incendie est d’origine électrique et qu’il s’est déclaré chez le boucher” précise le maire.

Une lettre au ministre Bruno Le Maire

Désormais, la balle est dans le seul camp des experts et des assurances. Et ce n’est pas simple. Car dans ce dossier, plusieurs assureurs figurent autour de la table et commencent déjà à se déchirer sur l’origine exacte de l’incendie. “Je suis d’accord pour que les assurances puissent faire normalement leur travail. Mais il ne faut pas non plus que ça traîne trop longtemps…Là, je vois, manifestement, que beaucoup jouent la montre…que le dossier s’enlise” déplore Bruno Dousson.

A la simple évocation de cette situation, l’inquiétude se lit sur le visage du maire. ” Ce centre commercial que la commune a créé voilà 3 ans, fonctionnait au-delà de toutes nos espérances. C’est un projet qui nous avait coûté 800 000 euros. C’était une belle réussite. A La Magistère, 60% de la population a plus de 60 ans. Beaucoup de gens font leurs courses au village ; on a aussi créé 13 emplois avec ce centre. Si la reconstruction tarde encore, j’ai peur que les commerçants sinistrés ne finissent par jeter l’éponge.”

Face au pot de fer, Bruno Dousson se félicite de compter sur de rares soutiens. La députée de la 2e circonscription Sylvia Pinel et l’ancien ministre Jean Michel Baylet ont alerté Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance. Ils demandent “qu’un examen bienveillant puisse être accordé à ce dossier sur le volet assurantiel, et que des aides financières puissent être rapidement attribuées à cette commune qui n’aspire qu’à une chose, tourner la page de ce drame et reconstruire ce projet essentiel pour son dynamisme.” Un autre courrier a également été transmis au médiateur de l’assurance.

Dans la pharmacie provisoire, composée de 14 caissons modulables, Marie François veut “regarder devant. Il m’a fallu 6 mois avant de pouvoir rouvrir dans ces conditions. Pendant ce temps, les salariés étaient en chômage partiel. Là, tout le monde a repris le travail le 1er octobre.” Mais la pharmacienne avoue que parfois “les bras m’en tombent. On essaie d’avancer, mais, en face, ça ne bouge pas, on ne voit que de la misère sous nos yeux. L’autre jour, un expert a quand même demandé qu’on installe une toiture provisoire sur le local dévasté de la boucherie, alors qu’il est ouvert à tous les vents et à toutes les pluies depuis 1 an. Il fallait oser…”

Source : Thierry Dupuy

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